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Activité historienne et appartenance urbaine en Europe et dans les mondes islamiques, du XIIIe au XVIIIe siècle

Publié le 8 octobre 2019 Mis à jour le 14 octobre 2019

Colloque organisé par le CHISCO de Nanterre et l’équipe Pouvoirs, savoirs et société de l’université Paris 8, dans le cadre d’un appel à projets du labex Les Passés dans le présent.

Date(s)

du 17 octobre 2019 au 18 octobre 2019

Lieu(x)
Jeudi 17 octobre: Université Paris Nanterre, Bâtiment Max Weber, salle 2
Vendredi 18 octobre: Université Paris 8 Saint-Denis, Maison de la recherche, salle A2 202

Ce colloque vise à appréhender toute la gamme des socialisations possibles de l’activité d’écrire sur le passé dans les villes des sociétés médiévales et modernes, tant en Europe que dans les mondes islamiques. On entend ici, en effet, l’activité historienne au sens large : chroniques, histoires de villes, de sanctuaires, de monuments, notations dans des registres de villes ou de communautés, livres de famille italiens ou allemands, journaux individuels, généalogies, mémoires, inscriptions sur des monuments pérennes ou éphémères, en somme tout écrit fixant un récit du passé, à partir du moment où s’y trouve engagé un rapport à la ville. Il faut y inclure aussi les pratiques d’archivage et les pratiques de collection qui peuvent accompagner la réalisation d’écrits sur le passé. On voudrait ainsi conjoindre dans l’analyse les histoires patentées et bien d’autres écrits dans lesquels on trouve des récits historiques – mais qui ne se présentent pas obligatoirement comme tels. On s’intéressera du reste tout particulièrement, dans ces écrits, aux modalités de définitions de l’activité historienne, à ses procédures de légitimation, ainsi qu’à la mobilisation éventuelle, qu’elle soit implicite ou explicite, d’autres travaux historiques.
Depuis une quarantaine d’années les historiens ne cessent de mettre en lumière
combien les sociétés urbaines à partir du Moyen-Âge ont été modelées par une culture écrite qui imprime sa marque aussi bien sur l’organisation politique que sur la vie économique, sociale et culturelle citadine. Cette culture écrite, liée aux échanges commerciaux, aux développements d’appareils de pouvoirs qui sécrètent des administrations, et à un fort encadrement ecclésiastique, qui implique entre autres le développement de l’offre éducative, a permis à des fractions substantielles quoique minoritaires de la population urbaine l’accès à l’alphabétisation et à la maîtrise des codes qui permettent d’envisager la production de récits sur le passé. Bien que les villes n’y soient pas dotées d’institutions propres et que l’alphabétisation s’y développe moins vite qu’en Europe, le monde musulman des époques médiévale et moderne connaît des processus sans doute comparables.
Aussi s’agit-il ici de considérer l’activité historienne comme une ressource mobilisée
par des individus, des communautés, et des institutions, dans le cours de la vie sociale des cités. On vise par là à comprendre les modalités réciproques de fabrication des identités urbaines et des identités sociales de ces scripteurs, et à mesurer la place que tient cette activité historienne dans les dynamiques urbaines. On s’intéressera aussi aux liens entre l’histoire telle qu’elle s’écrit en ville et d’autres foyers – monastiques, aristocratiques, curiaux – d’historiographie.
 

Mis à jour le 14 octobre 2019